Archive pour amour

langues en voie de disparition

Posted in Uncategorized avec des tags , , , on novembre 14, 2008 by yonggook

l_interpreteSi rien n’est fait, entre 50 et 90% des langues parlées dans le monde aujourd’hui seront amenées à disparaître d’ici la fin du siècle, d’après the Economist. Mais que faire?

L’une des solutions serait de pouvoir être compris de tous, quelle que soit la langue parlée. Par exemple, grâce à un système de traduction instantanée auquel nous pourrions être toujours connectés. Il faudrait pour cela être branchés constamment sur un interprète artificiel performant. Mais y aura-t-il un jour un interprète artificiel performant?

Imaginons qu’un interprète artificiel soit basé sur un modèle statistique: pour chaque mot à traduire, prenons “amour” à traduire en anglais par exemple, cet interprète irait rechercher au sein d’une gigantesque base de livres francophones possibles et imaginables, tous les ouvrages où figurent ce mot (Tristan et Yseut, Le Cid, Romeo et Juliette, etc.). Puis pour chaque ouvrage trouvé, il irait trouver sa traduction anglaise, et dans 99,7% des cas, il constaterait que “amour” est traduit par “love”. Enfin, il jugerait que ce seuil de probabilité est suffisant pour  traduire de manière fiable “amour” par “love”.

Tout cela en quelques fractions de seconde. On comprend alors mieux tout le potentiel de Google Books. Et l’espoir gigantesque qu’Internet représente pour sauver les langues en voie de disparition.

vu lu ou entendu cette semaine

Posted in Uncategorized avec des tags , on novembre 8, 2008 by yonggook

images- “je voudrais être plus malheureuse…”

- “si tu restes à mes côtés, je te rendrai malheureuse pour la vie”

- “vraiment??”

- “oui, je te le promets, tu seras malheureuse pour toujours avec moi.”

- “merci, quel soulagement…”

love chaos and mayhem

Posted in Non classé avec des tags on mars 16, 2008 by yonggook

Un couple sur deux divorce dans cette ville.
Un foyer sur deux qui se déchire, presque autant d’enfants traumatisés, d’existences gâchées.

Grande ville en désordre,
Energie perdue dans sa direction.

Le divorce, c’est le mal. Tuons le divorce. Et pour tuer le divorce, tuons l’amour.

Tuons-le, sans pitié aucune.

Personne ne le regrettera, l’amour n’est pas précieux, rodant partout et étalant sa vulgarité. Découpons-le en petits bouts et mangeons-le en barbecue, enveloppé dans une feuille de laitue bien croquante et fraiche.
Car si l’on se marie sans s’aimer, il n’y a plus aucune raison de divorcer. Et si l’on ne divorce plus, on pourra alors consacrer toute son énergie à la seule cause qui vaille: se faire beaucoup beaucoup d’argent pour devenir très très riche.

Un monde sans amour et beaucoup d’argent. Utopie ultime.

brokeback caution – lust mountain (Ne pas lire si vous voulez préserver le suspens des deux derniers films d’Ang Lee)

Posted in Non classé avec des tags , on janvier 21, 2008 by yonggook

La force des grands cinéastes est de nous énoncer certains truismes tellement clichés, tellement ressassés, mais avec tellement d’intensité, d’esthétisme, et de sincérité, que l’on a finalement l’impression de se les réapproprier avec une certaine gravité: comme si l’on n’en avait pas saisi le sens profond jusque-là.

Ainsi les deux derniers films d’Ang Lee, Brokeback Mountain et Lust Caution, nous (ré-)enseignent-il que l’amour ne triomphe pas de tout.

“Bien sûr que non, comment pourrait-il en être autrement?” s’exclamerait n’importe lequel n’entre nous n’ayant pas eu la chance de voir ces deux chefs d’oeuvre de notre réalisateur taiwanais préféré.

Pourtant, à mi-chemin des deux films d’Ang Lee, tout ne parait pas aussi évident. Au contraire: on se surprend à croire que les deux cowboys de l’Amérique puritaine arriveront à dépasser les conventions sociales, et que le Chinois collaborant avec l’occupant nippon et la Chinoise résistante chargée de l’attirer dans un piège mortel arriveront à dépasser les obligations partisanes. Pour s’aimer.

Mais lorsqu’essayant de sauver son amant collabo, l’héroïne échoue et se retrouve au bord d’une falaise, agenouillée, attendant l’exécution finale, Ang Lee nous répond cruellement qu’il n’en est rien. Que l’amour ne peut pas tout. Qu’il faut arrêter de rêver.

Ou alors juste un peu, le temps d’une séance de ciné.

j’attendais

Posted in Non classé avec des tags , on novembre 29, 2007 by yonggook

S’exprimer dans une langue étrangère ne facilite pas la communication: on cherche ses mots, on évite d’aborder certains sujets trop compliqués, on prend plusieurs détours avant de parvenir à faire passer son message…

Pourtant, il arrive parfois que l’on arrive à décrire le plus complexe des sentiments, à expliquer la plus confuse des situations, à transmettre le plus subtil des messages justement parce que lorsque les mots arrivent à manquer, on n’a d’autres choix que d’employer ceux que l’on connait: les plus simples mais également les plus essentiels.

Ainsi à cette personne s’exprimant dans un Français excellent mais néanmoins pas courant, et à qui je demandais pourquoi elle avait rompu avec son ami. Comment expliquer toutes ces querelles, malentendus, regrets, blessures et frustations? Comment dire que l’on s’aimait, que l’on s’aime encore sûrement, mais que ça n’est pas tout? Comment faire comprendre tout ça à quelqu’un, étranger à tout cela, mais qui se trouve là, en face de soi un soir. Quelqu’un à qui l’on voudrait expliquer, mais sans tout dévoiler.

Alors on cherche ses mots, on hésite, pour finalement déclarer:

“J’attendais quelque chose qui n’arrivera jamais.”

Tout est dit.

vu, lu ou entendu il y’a longtemps, et relu cette semaine

Posted in Non classé avec des tags , , on septembre 28, 2007 by yonggook

“Qu’ai-je cotoyé de plus léger que la mort de cette captive dont on égaya mes seize ans et qui lorsqu’on me l’apporta, s’occupait déjà de mourir, respirant par souffles si courts et cachant sa toux dans les linges, à bout de course comme la gazelle, déjà forcée, mais l’ignorant puisqu’elle aimait sourire. Mais ce sourire était vent sur une rivière, trace d’un songe, sillage d’un cygne, et de jour en jour s’épurant et plus précieux, et plus difficile à retenir, jusqu’à devenir cette simple ligne tellement pure, une fois le cygne envolé.”

Antoine de Saint Exupéry, “Citadelle”

vu, lu ou entendu cette (même) semaine

Posted in Non classé avec des tags , , on septembre 28, 2007 by yonggook

“Le monde soumet toute entreprise à une alternative; celle de la réussite ou de l’échec, de la victoire ou de la défaite. Je proteste d’une autre logique: je suis à la fois et contradictoirement heureux et malheureux: “réussir” ou “échouer” n’ont pour moi que des sens contingents, passagers ( ce qui n’empêche pas mes peines et mes désirs d’être violents); ce qui m’anime, sourdement et obstinément, n’est point tactique: j’accepte et j’affirme, hors du vrai et du faux, hors du réussi et du raté; je suis retiré de toute finalité, je vis selon le hasard (à preuve que les figures de mon discours me viennent comme des coups de dés). Affronté à l’aventure (ce qui m’advient), je n’en sors ni vainqueur ni vaincu: je suis tragique.”

Roland Barthes, “Fragments d’un discours amoureux”

rêve mariage et enterrement

Posted in Non classé avec des tags on août 28, 2007 by yonggook

Tout le monde a fait ce genre de rêve au moins une fois.

Celui de se retrouver en compagnie d’êtres chers. Tous rassemblés là, alors que beaucoup vivent à l’autre bout de la terre, que la plupart ne se sont jamais rencontrés, que certains, fâchés à vie, ont juré de ne plus se croiser, et que d’autres peut-être, sont déjà morts.

Tous sont pourtant réunis au pays des songes, et vous, au milieu d’eux, ne trouvez rien d’anormal à ce scénario pourtant improbable.

Je vois deux événements au cours desquels ce rêve pourrait devenir réalité: le mariage et l’enterrement. L’union à vie (jusqu’à preuve du contraire), et la séparation éternelle : seules ces deux causes dépasseraient donc les contraintes de temps et de distances, les rancunes personnelles et réticences diverses de chacun, pour permettre de se rassembler.

Puisqu’on ne peut rêver sur commande, mieux vaut réussir son mariage, car la réussite de son enterrement ne dépend pas de soi.

Pour ou contre la Saint Valentin?

Posted in Non classé avec des tags on février 14, 2007 by yonggook

Pour
Les mots anonymes glissés dans les manuels de 4ème par les filles qui sont croques de leurs voisins de classe: “je t’aime mon petit poussin!” Signé: “l’inconnue assise à côté de toi tous les mardi matins, en cours de latin.”

Contre
La natalité qui baisse au fur et à mesure qu’on épuise toutes les idées de cadeaux, et qu’on en arrive à offrir une vasectomie (stérilisation masculine) à son homme. Ca se ferait déjà en Australie.

Pour
Mon ami weiwei qui m’annonce fièrement que sa belle préférerait qu’on lui offre une soucoupe volante télécommandée plutôt que le dernier bracelet Dinh Van… Ouais j’demande à voir quand même…

Contre
L’overdose de coussins rouges en forme de coeur, vendus partout, à toute heure.

Pour
Paris, qui soudain fleurit en hiver, grâce à quelques passants, leurs bouquets et leurs sourires sincères.

Contre
Le Saint Amour, ce Beaujolais massivement refourgué, juste les 14 févriers.

Pour
Le concours de déclaration de la Saint Valentin organisé par Libé qui donne ça:
“15 euros… et 20 mots…
pour dire combien je t’aime !
C’est trop injuste de n’être…
ni riche, ni poète !”

Contre
Les Valentin qui cherchent toujours leurs Valentine. Les Valentine qui cherchent toujours leurs Valentin.

Immediate boarding

Posted in Uncategorized avec des tags , , on février 4, 2007 by yonggook

Aéroport, lieu de toutes les émotions.

Laissons de côté les nomades insensibles pour qui l’aéroport est un lieu de passage tellement commun qu’ils franchissent la douane comme d’autres franchiraient les portiques du métro. Pour tous les autres, l’émotion est là : l’excitation d’un voyage qui commence, ou le regret de celui qui prend fin, la joie des retrouvailles, ou la tristesse de l’au revoir, surtout lorsqu’on ne sait pas quand on se reverra.

Le compte à rebours des adieux commence aux portes de l’aéroport.

Voici venu le temps de se dire au revoir. Mais pas maintenant, pas encore. Il reste du temps avant l’embarquement. Un sursis est alors obtenu autour d’un café, où les derniers moments de convivialité tentent de masquer l’angoisse du temps qui passe.

Il faut y aller. L’instant des derniers gestes, des derniers mots est arrivé. Les convenances prennent le pas : on s’embrasse, on s’étreint, on se dit du bien. L’émotion déborde parfois. Les uns partent, les autres restent.

Pour certains l’histoire s’arrête là. Pour d’autres, elle se prolonge des yeux, des sourires, et des signes de la main échangés le temps du passage de l’autre côté. Ca y’est, l’autre est passé. Un dernier aperçu d’une silhouette au loin qui fait un signe de la main et qui se fond dans la foule.

Ne reste plus alors que l’idée de l’être quitté, bientôt si loin, mais toujours si proche quelque part dans cet aéroport, de l’autre côté. Certains attendront alors dans un café, se raccrochant à cette seule idée.

Puis l’embarquement immédiat est annoncé.

Il faut maintenant s’en aller.