Archive pour au quotidien

murisaltien de souche

Posted in Uncategorized avec des tags , on décembre 22, 2008 by yonggook

Elle: “Vous êtes d’où?”

Moi: ” Paris”

Elle: “Enfin je veux dire: vous êtes de quelle origine?”

Moi: “Parisienne”

Elle: “Non mais pour de vrai?”

Moi: “Mais oui, pour de vrai, Paris 10ème arrondissement.”

Elle: “Ca d’accord, mais vous êtes né où pour de vrai?”

Moi: “Ben je vous le dis: hopital lariboisière, dans le 10ème arrondissement à Paris”

Elle: “Mais vous êtes quoi de souche?”

Moi: “De souche? Ca veut dire quoi de souche?”

Elle: “Ben, euh, en fait c’est à dire que moi et ben par rapport à vous, euh…”

Moi: “Vous voulez savoir d’où viennent mes parents?”

Elle: “Oui, voilà c’est ça!!”

Moi: “De corée.”

Elle: “Ah, d’accord, c’est très bien!”

Moi: ” Merci.”

Elle: “Vous êtes tous grâcieux et toujours très souriant vous par là-bas.”

Moi: “Ah bon?”

Elle: “Ben oui, je connais bien, j’ai une amie vietnamienne”

Moi: “Ah, d’accord”

Elle: “C’est pas comme les Arabes, eux ils viennent, ils respectent rien et ils cassent tout.”

Moi: “Il faut peut être pas tout généraliser non plus…”

Elle: “Ah non, je vous assure, si y’en avait qu’il fallait pas laisser venir ici c’est bien eux.”

Moi (qui n’ai pas vu un seul Arabe depuis deux jours que je suis en Bourgogne): “Et y’en a beaucoup des Arabes à Meursault?”

Elle: “Plein! Y’a que ça partout.”

Moi: “Ah oui, je vois…”

ne comptez pas sur moi pour les cartes de voeux de noël

Posted in Uncategorized avec des tags , on décembre 5, 2008 by yonggook

Surtout, ne comptez pas sur moi pour les cartes de voeux de noël, je n’en enverrai pas.

Et là, il faudrait que j’explique pourquoi cette position extrêmiste à coup d’arguments bien pensés. Et en cherchant bien, on pourrait sûrement en trouver (mondanité déplacée, gachis de papier, déferlement de voeux pieux non pensés, etc.)

La vérité est plus simple:

ça.me.fait.chier. 

Alors surtout, ne comptez pas sur moi pour les carte de voeux de noël.

ne comptez pas sur moi pour les cadeaux de noël

Posted in Uncategorized avec des tags , on décembre 5, 2008 by yonggook

Surtout, ne comptez pas sur moi pour les cadeaux de noël, je n’en ferai pas.

Et là, il faudrait que j’explique pourquoi cette position extrêmiste à coup d’arguments bien pensés. Et en cherchant bien, on pourrait sûrement en trouver (consumérisme exagéré, le père noël n’existe pas, je ne suis pas croyant, je n’ai pas d’enfants, etc.)

La vérité est plus simple:

ça.me.fait.chier. 

Alors surtout, ne comptez pas sur moi pour les cadeaux de noël.

Barack

Posted in Uncategorized avec des tags , , on juillet 29, 2008 by yonggook
Le peuple de Paris attend Barack

Le peuple de Paris attend Barack

Barack est brillant, Barack est jeune (pour un homme politique), Barack est beau comme un métisse. En Europe, ce fut un triomphe. A Berlin, l’accueil de Barack (we believe in change… non… in change we can believe… non… change: we believe in… non…) n’a rien à envier à ceux de JFK (Ich bin ein Berliner!) ou Ronald Reagan (Tear down this wall!). A Paris, où il ne s’est attardé que quelques heures, le peuple parisien était venu tellement en masse devant le Palais de l’Elysée, que l’auteur de ces lignes a dû faire un détour pénible pour aller de son bureau à la station de métro. Ils étaient tous là: jeunes, vieux, blancs, renois, noichis, rebeus, riches, modestes, sans illusion aucune quant à la probabilité de voir Barack en chair et en os, mais enthousiastes à l’idée d’apercevoir ne serait-ce que la limousine aux vitres teintées transportant l’incarnation de l’Amérique qu’ils aiment.

C’est ça l’Amérique: un gars qui en 2004 fait un beau discours, qui n’a aucune expérience, mais une vision, de l’enthousiasme et de la volonté à revendre, qui croit au changement, et voilà, tout est possible en Amérique, il devient le candidat le plus sérieux à la présidence de son pays.

Bien sûr, il ne pourra rien contre le pétrole cher. Bien sûr, il ne pourra rien contre le déficit budgétaire abyssal de son pays. Bien sûr, il ne pourra rien contre la crise immobilière. Bien sûr il ne pourra rien contre le réchauffement climatique. Bien sûr, il ne pourra rien contre l’extrémisme religieux. Bien sûr il ne pourra rien contre l’obésité. Bien sûr, il ne pourra rien contre la connerie humaine.

Mais les autres non plus. Et lui au moins, il est cool. Ca fait cool de supporter Barack. Comme ça fait cool de regarder le super bowl à la télé jusqu’à 4h du matin à cause du décalage horaire, alors qu’on comprend rien aux règles du foot US. En plus, Barack, il ressemble un peu à Tiger Woods. Mais juste un peu alors.

télé-supplice

Posted in Uncategorized avec des tags on juillet 21, 2008 by yonggook

“Allô?”

“Monsieur ________?”

“Lui-même.”

“Bonjour Monsieur. Voilà, vous ne me connaissez pas, mais j’ai eu vos coordonnées par l’intermédiaire d’un ami qui est diplômé de l’ESCP comme vous et qui me suggérait de vous contacter parce qu’il pensait que vous seriez intéressé par ma proposition. Je vends des objets persans, principalement des tapis persans de très bonne qualité et qui…”

“Pardon de vous couper, mais cette personne qui a fait la même école que moi et qui me connait, comment s’appelle-t-elle?”

“… Pardon?…”

(Insistant) “Notre ami en commun, qui vous a donné mon numéro de téléphone portable, c’est quoi son nom?”

(Hésitant) “Ah!… euh… mmmmphl…vincent… mblebleuuhmoreau. Donc de magnifiques tapis persans…

(Très insistant) “Vincent comment?”

(Très hésitant) “Euh… moreau… Et donc, si l’achat d’objets persans (des tapis principalement) vous intéressait, nous pourrions…”

“Vincent Moreau? Mais je ne connais pas de Vincent Moreau. Comment cette personne que je ne connais pas vous a donné mon numéro?”

“Ben, c’est peut être son épouse qui aurait fait l’ESCP aussi. Mais si les tapis persans ne vous intéressent pas, ça n’est pas grave, je ne vous…”

“Et comment elle s’appelle sa femme?

(Passablement angoissé) “Non, mais je n’ai pas envie de vous déranger si ça ne vous intéresse pas mes…”

(Passablement agacé) “Comment elle s’appelle sa femme à Vincent??”

(Complètement paniqué) “Ben, euh… Madame Moreau?”

A ce stade là, je pourrais te laisser partir misérable petit télé-vendeur. Pourquoi t’en voudrais-je? Toi aussi tu dois travailler et gagner ta vie pour nourrir bobonne et fifils. D’autant que tu ne fais que ton métier avec courage et abnégation, vu la nature très ingrate du métier que tu fais. Mais non, ta réponse m’a particulièrement irrité. Tu me permettras donc de poursuivre un peu notre conversation, ce qui me fera  profiter encore un peu de ta voix nasillarde et de ton élocution hésitante.

“Dites-moi, vous vous foutez de moi là?”

“Non, mais en fait je ne connais bien pas sa femme, et lui m’a passé l’annuaire des anciens élèves de l’ESCP, et…”

“Aaaaaah d’accord! En fait, vous vous êtes procuré l’annuaire des anciens élèves de l’ESCP pour l’utiliser à des fins commerciales, ce qui est totalement interdit. Pourquoi vous ne me l’avez pas dit plutôt?
Nous n’aurions pas perdu tout ce temps à savoir comment vous avez eu mon numéro!”

“Non, mais en fait, il ne m’a pas passé l’annuaire, il m’a juste transmis une liste des anciens élèves de l’ESCP, et…”

“Une liste des anciens élèves de l’ESCP avec leurs numéros de téléphone?”

“Euh oui, avec leurs numéros de téléphones, mais seulement quelques…”

“Est-ce que vous pouvez me dire, Monsieur, la différence entre une liste des anciens élèves de l’ESCP avec leurs numéros de téléphone et l’annuaire des anciens élèves de l’ESCP?”

Là j’avoue, c’est trop facile. Soit ce vendeur est trop con, soit il débute, soit il est très fatigué, après une longue journée passée au téléphone avec des interlocuteurs plus désagréables les uns que les autres. Et décidant de passer un dernier appel avant de finir son travail, pour espérer atteindre ses objectifs de ventes mensuels, il tombe sur moi.

“Non mais c’était juste quelques promotions, pas toute…”

“Ecoutez Monsieur, pourquoi ne m’avez vous pas dit d’emblée que vous avez eu mon contact dans l’annuaire des anciens de l’ESCP, au lieu de m’inventer un ami commun? Ami que je me serais empressé d’appeler pour l’engueuler d’avoir donné mon numéro à un parfait inconnu? Ca n’aurait pas été plus simple de dire la vérité? Oui c’est contestable de se procurer un annuaire privé et de l’utiliser à des fins commerciales, mais je peux comprendre cette démarche et vos impératifs de chiffre d’affaires. Et nous n’aurions pas perdu tout ce temps.”

(Soulagé) “Oui, vous avez raison…”

“Alors redites-moi ce que vous voulez me vendre?”

(Reprenant espoir) “Donc, il s’agit de objets persans authentiques de très…”

“Des objets persans vous dites?”

(Enthousiaste) “Oui! d’authentiques tapis pers…”

“Non merci, ça ne m’intéresse pas. Au revoir.”

- Clic -

le guide à Paris

Posted in Non classé avec des tags , , on décembre 12, 2007 by yonggook

Travailler pratiquement en face du Palais de l’Elysée, où l’on trouve la plus forte densité de policiers et gendarmes au mètre carré, comporte ses avantages et ses inconvénients. Lorsque Kadhafi, le “Guide de la révolution lybienne” se trouve en visite à Paris, les inconvénients prennent vraiment le pas sur les avantages.

Le Palais de l’Elysée se trouve en face du 84, rue du Faubourg Saint-Honoré. A quelques pas de là, au 72 de la même rue, se trouve le parking où est garée ma voiture. Voiture que j’espère rejoindre ce soir là, après une journée de travail, lorsqu’arrivé au 70 de cette rue, un cordon de gendarmes m’arrête net: le Guide est attendu à dîner à l’Elysée d’une minute à l’autre, personne ne passe tant que son convoi n’est arrivé. D’ici quelques minutes me dit-on.

Je tente alors d’expliquer au gentil gendarme que ma voiture se trouve juste un mètre plus loin, mais évidemment rien n’y fait, et me voilà coincé à attendre, avec une dizaine d’autres parisiens, que Kadhafi veuille bien nous laisser reprendre le cours normal de nos vies.

Quinze minutes plus tard, toujours rien, si ce n’est que nous sommes maintenant une bonne cinquantaine de Parisiens, amassés sous la fine pluie, le froid, et le vent de décembre, derrière un cordon de sécurité, de plus en plus impatients, surtout que l’on refuse de nous dire combien de temps ce bloquage peut durer, et d’autant plus irrités que tout ceci nous est imposé pour assurer la sécurité d’une personnalité que beaucoup autour de moi n’hésitent pas à décrire comme le “pire des dictateurs”, ou un “voyou sanguinaire”, voire tout simplement “le dernier des connards”, comme le dit ce vieux monsieur à l’allure respectable qui trépigne d’impatience à côté de moi.

Les gendarmes tiennent bon. Parmi eux, certains laissent échapper un air compatissant, alors que d’autres s’inquiètent de ce que la foule – pourtant en rien semblable à des Hooligans alcoolisés – devienne incontrôlable, échaudée par quelques meneurs zélés tels notre vieux monsieur adepte de gros mots.

Puis la délivrance: une grande limousine blanche entourée d’une dizaines de voitures et de motards s’approche et s’engouffre dans l’enceinte du Palais de l’Elysée. Je peux enfin accomplir ces derniers précieux mètres qui me séparent de ma voiture.

En route vers chez moi, je repense à cet épisode burlesque de la vie parisienne: finalement, que restera-t-il de cette manifestation ponctuelle du mécontentement de la foule parisienne? Pas grand chose si ce n’est peut-être, quelques clichés de photos de Parisiens massés aux abords du Palais de L’Elysées et attendant l’arrivée de Kadhafi. Un organe de propagande lybien pourrait même reprendre ces photos à son compte et les publier accompagnées d’une légende qui décrirait “les citoyens de Paris venus en masse acclamer la venue du Guide.”

J’imagine notre vieux parisien zélé s’étrangler de colère en tombant sur une telle photo.

j’attendais

Posted in Non classé avec des tags , on novembre 29, 2007 by yonggook

S’exprimer dans une langue étrangère ne facilite pas la communication: on cherche ses mots, on évite d’aborder certains sujets trop compliqués, on prend plusieurs détours avant de parvenir à faire passer son message…

Pourtant, il arrive parfois que l’on arrive à décrire le plus complexe des sentiments, à expliquer la plus confuse des situations, à transmettre le plus subtil des messages justement parce que lorsque les mots arrivent à manquer, on n’a d’autres choix que d’employer ceux que l’on connait: les plus simples mais également les plus essentiels.

Ainsi à cette personne s’exprimant dans un Français excellent mais néanmoins pas courant, et à qui je demandais pourquoi elle avait rompu avec son ami. Comment expliquer toutes ces querelles, malentendus, regrets, blessures et frustations? Comment dire que l’on s’aimait, que l’on s’aime encore sûrement, mais que ça n’est pas tout? Comment faire comprendre tout ça à quelqu’un, étranger à tout cela, mais qui se trouve là, en face de soi un soir. Quelqu’un à qui l’on voudrait expliquer, mais sans tout dévoiler.

Alors on cherche ses mots, on hésite, pour finalement déclarer:

“J’attendais quelque chose qui n’arrivera jamais.”

Tout est dit.

qui connait mika?

Posted in Non classé avec des tags , , on octobre 25, 2007 by yonggook

Pas moi, et je me rends compte que je suis bien le seul.

“T’es sérieux là? Tu le connais vraiment pas?”
” Mais où t’étais depuis un an? sur la Lune?”

Non, je ne connais pas Mika, et je dois maintenant affronter les regards et questions incrédules de mes collègues de bureau au moment de la pause café. Dans leur clémence, ceux-ci m’accordent une deuxième chance.

“Attends, tu le connais peut être pas de nom, mais t’as sûrement dû entendre l’un de ses tubes”

S’ensuit une session Youtube à la recherche des hits de ce Mika: “Grace Kelly”, “Relax”, etc.

“Alors? Non?? Jamais entendu? Mais tu aimes la musique? T’en écoutes de temps en temps?”

Mettons tout de suite les choses au clair: oui, j’écoute de la musique, j’aime la musique, je ne vis pas une seule journée sans musique. Seulement voilà, je ne connais pas Mika et ce qui me gêne le plus c’est non pas de ne pas le connaître, mais de très bien vivre sans. Parce qu’il vaut sûrement le détour ce Mika, vu les éloges de mes collègues. Mais de fournir ce surplus d’effort pour le découvrir et peut-être ensuite l’apprécier, accepter ces moments de sacrifice où je devrais choisir de ne pas écouter MA musique, celle que je connais et qui me procure un plaisir certain, au profit de morceaux inconnus dont il n’est pas dit qu’ils me siéront, je n’en suis plus capable.

Penser que ce que l’on pourrait découvrir au prix de petits efforts n’en vaut pas la peine, se satisfaire de ce que l’on connait en supposant que c’est de toute façon mieux que ce que l’on pourrait découvrir… Je ne suis peut-être pas encore vieux, mais j’en adopte déjà certains comportement frileux. Et ça, ça me gêne.

Sous le ciel de Paris

Posted in Non classé avec des tags , on juillet 9, 2007 by yonggook

Il existe tant de raisons de détester Paris.

Surtout après un séjour passé en Asie où le service parking de n’importe quel hypermarché du coin égale à l’aise le service de voiturier de n’importe quel lounge huppé parisien, avec le sourire en plus, l’arrogance et le pourboire en moins.

Surtout après une journée entière passée à tenter de résoudre un problème d’emails au bureau, trimballé entre le fournisseur d’accès Internet qui prétend que le problème vient de l’hébergeur du serveur, l’hébergeur du serveur qui prétend que le problème vient du réseau interne, et l’administrateur du réseau interne qui prétend que le problème vient soit du fournisseur d’accès, soit de l’hébergeur.

Surtout après une heure passée dans une grande brasserie parisienne, à attendre qu’un serveur daigne venir prendre votre commande et celle d’un investisseur américano-chinois qui se trouve être votre invité de marque et qui n’a que quelques instants à vous accorder avant de repartir au loin. Et qu’en plus, vous vous levez trois fois pour chercher de l’aide, pour à chaque fois, tomber sur le même serveur qui vous répond que lui ne s’occupe pas de votre table mais qu’il va appeler le serveur en charge.

Où d’autre que chez les Parisiens existe-t-il ce subtil mélange de nonchalance, d’arrogance, d’impolitesse, et de suffisance; combinaison maléfique entraînant systématiquement chez celui qui y est confronté soit le pétage de plomb, soit la dépression, soit la fuite puis la demande d’asile dans un pays, n’importe lequel, pourvu qu’il soit loin de Paris.

On se surprend alors à comprendre ces quelques Japonais qui tous les ans, sont atteints du syndrome de Paris, qui les rend dépressifs, sujets à des délires de persécution, voire suicidaires, tant ils sont choqués par l’attitude parisienne en totale contradiction avec l’esprit de groupe, la timidité, la politesse et le sérieux des Japonais.

C’est dans cet état d’esprit que je reviens à Paris un dimanche soir, après un weekend de campagne, verdure et air pur tellement salvateur qu’il fait craindre encore plus le retour à la ville.

Dans le taxi qui file sur les quais de Seine, Paris tente de se faire pardonner l’espace d’un instant suspendu entre le jour et la nuit. Dehors, les nuages s’effacent tandis que les réverbères toujours éteints, laissent un dernier répit à la lumière du jour. Le soleil couchant semble alors trop heureux de déployer furtivement ses rayons couleur pourpre qui viennent éclairer quelques monuments, heureux élus d’un Paris propre et appaisé.

Devant moi, les ponts se succèdent revêtus d’une parure d’or éphémère. A gauche, le Palais de Justice s’éclaire tel une forteresse majestueuse renfermant une Sainte Chapelle dont j’entrevois le clocher et qu’il me tarde de retourner visiter. Derrière moi, la Tour Eiffel scintille de ses mille feux pour annoncer 22heures.

Paris, ville lumière: ce nom prend alors tout son sens.

Paris, ma ville.

Ce qui est à moi est à moi

Posted in Non classé avec des tags on février 23, 2007 by yonggook

Déjeuner hedomadaire avec un ancien collègue devenu ami.
Attablés dans un restaurant animé, nous attendons nos pennettes au saumon en nous racontant nos vies.

La petite table qui nous a été assignée est bancale et ce qui devait arriver arriva: un coup de genou donné par inadvertance à la table, et celle-ci tangue avec tout ce qui y est posé. Deux bouteilles, l’une de Perrier, l’autre de Pepsi, entament alors une danse dont on sait comment elle se terminera si rien n’est fait: de l’eau et du soda, partout sur nous.

En une fraction de seconde, l’opération de sauvetage est déclenchée pour tenter d’éviter la catastrophe. Une fraction de seconde où les gestes répondent plus à l’instinct qu’à une tactique mûrement réfléchie. Mais alors qu’il eut été plus instinctif pour le droitier que je suis de tendre mon bras droit et d’attraper la bouteille de Pepsi, et pour mon ami gaucher de tendre son bras gauche et d’attraper la bouteille de Perrier, c’est exactement le contraire qui se produisit.

Les dégâts furent limités, mais le résultat aurait été encore meilleur si nous avions choisi de porter secours à l’autre bouteille; la plus évidente pour nos mécanismes psycho-moteurs.

Pourquoi alors ce partage des tâches si peu naturel? Peut-être tout simplement parce que notre instinct n’est pas infaillible. Mais peut-être également parce qu’en ces instants éclairs où l’on est forcé d’agir vite et sans réfléchir, un instinct primaire prend le dessus sur les autres: celui de sauver d’abord ce qui nous appartient. Car la bouteille de Perrier était à moi, et celle de Pepsi à lui.

Ne croyez pas ceux qui pensent un jour vaincre l’individualisme et la propriété privée. Tout est dit dans ce sauvetage maladroit d’un Pepsi et d’un Perrier.