Archive pour demain

langues en voie de disparition

Posted in Uncategorized avec des tags , , , on novembre 14, 2008 by yonggook

l_interpreteSi rien n’est fait, entre 50 et 90% des langues parlées dans le monde aujourd’hui seront amenées à disparaître d’ici la fin du siècle, d’après the Economist. Mais que faire?

L’une des solutions serait de pouvoir être compris de tous, quelle que soit la langue parlée. Par exemple, grâce à un système de traduction instantanée auquel nous pourrions être toujours connectés. Il faudrait pour cela être branchés constamment sur un interprète artificiel performant. Mais y aura-t-il un jour un interprète artificiel performant?

Imaginons qu’un interprète artificiel soit basé sur un modèle statistique: pour chaque mot à traduire, prenons “amour” à traduire en anglais par exemple, cet interprète irait rechercher au sein d’une gigantesque base de livres francophones possibles et imaginables, tous les ouvrages où figurent ce mot (Tristan et Yseut, Le Cid, Romeo et Juliette, etc.). Puis pour chaque ouvrage trouvé, il irait trouver sa traduction anglaise, et dans 99,7% des cas, il constaterait que “amour” est traduit par “love”. Enfin, il jugerait que ce seuil de probabilité est suffisant pour  traduire de manière fiable “amour” par “love”.

Tout cela en quelques fractions de seconde. On comprend alors mieux tout le potentiel de Google Books. Et l’espoir gigantesque qu’Internet représente pour sauver les langues en voie de disparition.

La grosse tête

Posted in Uncategorized avec des tags , , on mai 20, 2008 by yonggook

Le point commun de tout progrès scientifique n’est-il pas de gagner du temps? D’après mon patron, pour qui le savoir et le temps sont deux obsessions pathologiques, il reste un domaine où l’on n’a pas réussi à gagner du temps: l’apprentissage. Car si nous savons voyager plus vite, calculer plus rapidement, informer presque instantanément, ou vivre de plus en plus longtemps, il nous faut toujours environ 5000 heures pour apprendre une langue étrangère, ce qui était déjà le cas un siècle auparavant.

Comment apprendre plus vite? Les sciences cognitives nous fourniront sûrement un jour une réponse. La science fiction nous propose déjà des pistes imaginaires, faisant de nous des mi-hommes mi-machines. Mais rassurez-vous, nous n’aurons peut-être pas à nous enfoncer un câble derrière le cou pour apprendre le Kung-fu en 10 minutes comme dans Matrix.

Pour mon patron, la réponse se trouve dans l’événement majeur qui a permis à l’ancêtre de l’homme d’apprendre plus vite, d’accélérer son évolution, et finalement, de surclasser toutes les autres espèces animales. Il y a des millions d’années donc, durant l’ère paléolithique, nos ancêtres les Australanthropes se redressent sur leurs deux pattes arrières, permettant ainsi de supporter un cerveau plus lourd et volumineux. Et ils ne vont pas se priver: d’environ 600 cm3, le cerveau passe à 1000 cm3 chez les Archanthropes, puis enfin à 1400 cm3 chez les Néanthropes (nous), il y a 90′000 ans.

Si nous trouvions les conditions pour que le volume de notre cerveau grandisse encore, nous pourrions alors nous réveiller un lundi matin bilingues pour nous coucher trilingues le dimanche suivant. Or le volume de notre tête est limité par une contrainte majeure: la taille de l’ouverture par laquelle nous devons passer pour venir au monde.

La prochaine rupture dans l’évolution humaine viendrait donc lorsque des utérus artificiels hors du ventre de maman accueilleront les foetus. Mon patron en semble persuadé. Je reste un peu dubitatif, mais sa réflexion me confirme une autre vérité: que c’est vraiment le sexe des femmes qui nous rend bêtes, nous les hommes.

Ce qui était vaut mieux que ce qui sera?

Posted in Non classé avec des tags , on février 3, 2005 by yonggook

En parcourant un recueil de magazines L’Express, je suis tombé sur une interview de Marguerite Yourcenar en février 1969 : pour elle, croire que ce qui était vaut mieux que ce qui sera est “une illusion dont l’histoire vous guérit”… Du coup, je me dis que j’ai bien intitulé mon blog!
Je tombe ensuite sur un entretien avec François Mauriac pour qui “la planète dans laquelle habiteront [nos] enfants n’est plus celle que j’ai connue et aimée.” Merde… Pour autant Mauriac précise plus loin qu’il est rempli d’espérance. C’est une espérance chrétienne, comme une lumière qui “brille en lui”. Constater qu’après cinquante ans de communisme, le christanisme n’est pas mort en URSS est pour lui un signe d’espérance dans un monde de tarés : “Dans cet univers affolé où tout finit par se confondre, j’ai l’impression que Dieu lui-même résiste et nous dit : “Je suis là. Ne craignez pas”"…
Yourcenar croit en l’Etre et en l’Existence, une force qui existe en chacun de nous mais dont malheureusement “les gens ne tirent pas grand chose”. Mauriac croit en Dieu et son fils Jésus. Deux immenses écrivains à la fin de leurs vies et deux visions opposées du lendemain, mais la même sérénité, résultat des réflexions de toute une vie.
Pour moi aussi, demain sera meilleur.