Archive pour politique

aube âme ah!

Posted in Uncategorized avec des tags on novembre 5, 2008 by yonggook

ObamaniaJe me suis toujours méfié des engouements populaires démesurés. Alors quand j’ai vu l’une de mes collègues espagnole, la trentaine, brillante, et sans aucun lien avec les Etats-Unis s’écrier: “putain, il faut trop qu’il gagne Obama, Joder !” après avoir visionné avec émotion la pub de trente minutes d’Obama sur youtube, je me suis beaucoup inquiété.

Et puis j’ai dû admettre qu’il a vraiment quelque chose Obama: de la sérénité mais aussi de la fraicheur, de l’élégance mais aussi de la simplicité, de l’éloquence mais aussi de la sincérité, de la lucidité mais aussi de l’enthousiasme, du noir mais aussi du blanc.

L’Obamania a tout emporté sur son passage, et d’abord une majorité confortable des votes américains et quelques Etats républicains au passage. Dans les rues américaines, et dans le monde entier, on le fête comme l’on fêterait la victoire de l’équipe nationale à la coupe du monde de foot.

La victoire d’Obama est la nôtre à tous. Parce qu’il va nous sauver tous. Des guerres qui tuent cruellement, de la faim qui tue injustement, des entreprises qui licencient brutalement, de la température qui augmente irrémédiablement, des épargnes qui fondent implacablement…

Non, bien sûr les gens ne sont pas aussi naïfs. Ils vont lui laisser le temps d’arriver, de s’installer, de travailler, et puis dans un an ou deux, quand rien n’aura changé, de s’expliquer. Expliquer qu’un homme ne peut pas tout, qu’il fait des erreurs, qu’il leur avait bien dit au début. On verra alors la sagesse et l’intelligence de l’opinion publique s’exprimer.

Bayrou, un peu notre Obama à nous (surtout pour les oreilles décollées), aurait dit: “Des centaines de millions de femmes et d’hommes qui avaient le sentiment d’avoir en face d’eux un mur voient aujourd’hui une porte s’ouvrir dans ce mur”. J’aurais plutôt dit: “Des centaines de millions de femmes et d’hommes qui avaient le sentiment d’avoir en face d’eux un mur voient aujourd’hui une porte s’ouvrir dans un autre mur.”

Mais arrêtons ce défaitisme. Yes we can.

Barack

Posted in Uncategorized avec des tags , , on juillet 29, 2008 by yonggook
Le peuple de Paris attend Barack

Le peuple de Paris attend Barack

Barack est brillant, Barack est jeune (pour un homme politique), Barack est beau comme un métisse. En Europe, ce fut un triomphe. A Berlin, l’accueil de Barack (we believe in change… non… in change we can believe… non… change: we believe in… non…) n’a rien à envier à ceux de JFK (Ich bin ein Berliner!) ou Ronald Reagan (Tear down this wall!). A Paris, où il ne s’est attardé que quelques heures, le peuple parisien était venu tellement en masse devant le Palais de l’Elysée, que l’auteur de ces lignes a dû faire un détour pénible pour aller de son bureau à la station de métro. Ils étaient tous là: jeunes, vieux, blancs, renois, noichis, rebeus, riches, modestes, sans illusion aucune quant à la probabilité de voir Barack en chair et en os, mais enthousiastes à l’idée d’apercevoir ne serait-ce que la limousine aux vitres teintées transportant l’incarnation de l’Amérique qu’ils aiment.

C’est ça l’Amérique: un gars qui en 2004 fait un beau discours, qui n’a aucune expérience, mais une vision, de l’enthousiasme et de la volonté à revendre, qui croit au changement, et voilà, tout est possible en Amérique, il devient le candidat le plus sérieux à la présidence de son pays.

Bien sûr, il ne pourra rien contre le pétrole cher. Bien sûr, il ne pourra rien contre le déficit budgétaire abyssal de son pays. Bien sûr, il ne pourra rien contre la crise immobilière. Bien sûr il ne pourra rien contre le réchauffement climatique. Bien sûr, il ne pourra rien contre l’extrémisme religieux. Bien sûr il ne pourra rien contre l’obésité. Bien sûr, il ne pourra rien contre la connerie humaine.

Mais les autres non plus. Et lui au moins, il est cool. Ca fait cool de supporter Barack. Comme ça fait cool de regarder le super bowl à la télé jusqu’à 4h du matin à cause du décalage horaire, alors qu’on comprend rien aux règles du foot US. En plus, Barack, il ressemble un peu à Tiger Woods. Mais juste un peu alors.

le guide à Paris

Posted in Non classé avec des tags , , on décembre 12, 2007 by yonggook

Travailler pratiquement en face du Palais de l’Elysée, où l’on trouve la plus forte densité de policiers et gendarmes au mètre carré, comporte ses avantages et ses inconvénients. Lorsque Kadhafi, le “Guide de la révolution lybienne” se trouve en visite à Paris, les inconvénients prennent vraiment le pas sur les avantages.

Le Palais de l’Elysée se trouve en face du 84, rue du Faubourg Saint-Honoré. A quelques pas de là, au 72 de la même rue, se trouve le parking où est garée ma voiture. Voiture que j’espère rejoindre ce soir là, après une journée de travail, lorsqu’arrivé au 70 de cette rue, un cordon de gendarmes m’arrête net: le Guide est attendu à dîner à l’Elysée d’une minute à l’autre, personne ne passe tant que son convoi n’est arrivé. D’ici quelques minutes me dit-on.

Je tente alors d’expliquer au gentil gendarme que ma voiture se trouve juste un mètre plus loin, mais évidemment rien n’y fait, et me voilà coincé à attendre, avec une dizaine d’autres parisiens, que Kadhafi veuille bien nous laisser reprendre le cours normal de nos vies.

Quinze minutes plus tard, toujours rien, si ce n’est que nous sommes maintenant une bonne cinquantaine de Parisiens, amassés sous la fine pluie, le froid, et le vent de décembre, derrière un cordon de sécurité, de plus en plus impatients, surtout que l’on refuse de nous dire combien de temps ce bloquage peut durer, et d’autant plus irrités que tout ceci nous est imposé pour assurer la sécurité d’une personnalité que beaucoup autour de moi n’hésitent pas à décrire comme le “pire des dictateurs”, ou un “voyou sanguinaire”, voire tout simplement “le dernier des connards”, comme le dit ce vieux monsieur à l’allure respectable qui trépigne d’impatience à côté de moi.

Les gendarmes tiennent bon. Parmi eux, certains laissent échapper un air compatissant, alors que d’autres s’inquiètent de ce que la foule – pourtant en rien semblable à des Hooligans alcoolisés – devienne incontrôlable, échaudée par quelques meneurs zélés tels notre vieux monsieur adepte de gros mots.

Puis la délivrance: une grande limousine blanche entourée d’une dizaines de voitures et de motards s’approche et s’engouffre dans l’enceinte du Palais de l’Elysée. Je peux enfin accomplir ces derniers précieux mètres qui me séparent de ma voiture.

En route vers chez moi, je repense à cet épisode burlesque de la vie parisienne: finalement, que restera-t-il de cette manifestation ponctuelle du mécontentement de la foule parisienne? Pas grand chose si ce n’est peut-être, quelques clichés de photos de Parisiens massés aux abords du Palais de L’Elysées et attendant l’arrivée de Kadhafi. Un organe de propagande lybien pourrait même reprendre ces photos à son compte et les publier accompagnées d’une légende qui décrirait “les citoyens de Paris venus en masse acclamer la venue du Guide.”

J’imagine notre vieux parisien zélé s’étrangler de colère en tombant sur une telle photo.

Diversité

Posted in Non classé avec des tags , on septembre 7, 2007 by yonggook

J’ai été sollicité aujourd’hui pour rejoindre le Club XXIème siècle. Cette association regroupe 300 Français d’origines étrangères et tente d’influencer les pouvoirs politiques, économiques, et médiatiques pour introduire plus de diversité au niveau des décideurs. Un groupe de lobbying en quelque sorte, pour qu’un jour, un noir puisse être à la place de Bébéar, un jaune à celle de PPDA, et un beur à celle de Nicolas.

Bien sûr, le Club XXIème siècle ne s’active pas que dans les couloirs des centres de pouvoir. Il mène des actions de terrain pour aider concrètement le jeune de couleur dans son intégration à l’école, à la fac, et au début de son parcours professionnel. Mais la valeur première du Club réside dans son potentiel d’influence, car pour lutter contre la discrimination, il n’y a pas trente-six solutions.

On peut instaurer des règles pour contraindre les privilégiés à accueillir parmi eux un certain nombre de discriminés. En théorie, cette discrimination positive est criticable puisque par définition, elle lutte contre une forme de discrimination par une autre forme de discrimination. Dans la pratique, elle ne ferait pas de mal et je ne suis pas contre. En réalité, la discrimination positive n’a aucune chance de se généraliser en France, pays qui chérit tant l’égalité, qu’au nom de ce principe elle ignore une réalité profondément inégalitaire.

On peut aussi faire du bruit, manifester pour plus de diversité, médiatiser les victimes de discriminations, dénoncer haut et fort ces élites fermées et leur tendance à la cosanguinité: bref culpabiliser les gens d’en haut pour les inciter à plus d’ouverture. Cette tactique convient bien à notre propension à râler. Mais elle se heurte à un problème: les élites s’en moquent. Ca ne les a jamais empêchés de dormir de savoir que quelques rassemblements ici et là rappellent bruyamment le principe d’égalité.

On peut finalement juger que ni les projets de lois, ni les manifestations n’auront d’effet sur la promotion de la diversité en France, et que pour secouer un minimum l’élite en place, il faut la confronter à un groupe disposant d’un pouvoir équivalent: le même niveau d’étude, le même niveau social, les mêmes réseaux d’influence…

Je ne sais pas si j’ai ma place dans ce club, mais je vais m’y investir en hommage à son approche pragmatique de l’intégration républicaine.

vu, lu ou entendu cette semaine

Posted in Non classé avec des tags , on avril 30, 2007 by yonggook

Ce qu’un cours de sciences politiques de quatre heures n’aurait pas pu expliquer, une amie me le résume fastoche, entre deux stations de métro séoulite, et c’est la révélation:

“la politique, c’est comme un drama coréen: les personnages changent, mais le scénario est toujours le même.”

Mais bien sûr: cette envie de connaître la fin de l’histoire, de regarder le dernier épisode de ce drama, alors même qu’on devine aisément que l’amour impossible sera, au bout du compte, possible.

Comment ne pas le comparer avec le secret espoir qui nous anime en allant voter, alors même qu’on devine aisément que le changement possible sera, au bout du compte, impossible.