Archive pour socialtruisme

Diversité

Posted in Non classé avec des tags , on septembre 7, 2007 by yonggook

J’ai été sollicité aujourd’hui pour rejoindre le Club XXIème siècle. Cette association regroupe 300 Français d’origines étrangères et tente d’influencer les pouvoirs politiques, économiques, et médiatiques pour introduire plus de diversité au niveau des décideurs. Un groupe de lobbying en quelque sorte, pour qu’un jour, un noir puisse être à la place de Bébéar, un jaune à celle de PPDA, et un beur à celle de Nicolas.

Bien sûr, le Club XXIème siècle ne s’active pas que dans les couloirs des centres de pouvoir. Il mène des actions de terrain pour aider concrètement le jeune de couleur dans son intégration à l’école, à la fac, et au début de son parcours professionnel. Mais la valeur première du Club réside dans son potentiel d’influence, car pour lutter contre la discrimination, il n’y a pas trente-six solutions.

On peut instaurer des règles pour contraindre les privilégiés à accueillir parmi eux un certain nombre de discriminés. En théorie, cette discrimination positive est criticable puisque par définition, elle lutte contre une forme de discrimination par une autre forme de discrimination. Dans la pratique, elle ne ferait pas de mal et je ne suis pas contre. En réalité, la discrimination positive n’a aucune chance de se généraliser en France, pays qui chérit tant l’égalité, qu’au nom de ce principe elle ignore une réalité profondément inégalitaire.

On peut aussi faire du bruit, manifester pour plus de diversité, médiatiser les victimes de discriminations, dénoncer haut et fort ces élites fermées et leur tendance à la cosanguinité: bref culpabiliser les gens d’en haut pour les inciter à plus d’ouverture. Cette tactique convient bien à notre propension à râler. Mais elle se heurte à un problème: les élites s’en moquent. Ca ne les a jamais empêchés de dormir de savoir que quelques rassemblements ici et là rappellent bruyamment le principe d’égalité.

On peut finalement juger que ni les projets de lois, ni les manifestations n’auront d’effet sur la promotion de la diversité en France, et que pour secouer un minimum l’élite en place, il faut la confronter à un groupe disposant d’un pouvoir équivalent: le même niveau d’étude, le même niveau social, les mêmes réseaux d’influence…

Je ne sais pas si j’ai ma place dans ce club, mais je vais m’y investir en hommage à son approche pragmatique de l’intégration républicaine.

27 et 42

Posted in Non classé avec des tags on décembre 18, 2006 by yonggook

27, c’est le montant de la somme en dollars qui constituait le premier prêt accordé par Muhammad Yunus, Prix Nobel de la Paix 2006.

42, c’est le nombre de bénéficiaires de ce premier prêt.

30 ans plus tard, ils sont 100 millions de micro-entrepreneurs à bénéficier de micro-crédits avec l’espoir de sortir de la pauvreté.

C’est ce qu’explique le “banquier des pauvres” à quelques heureux privilégiés du monde des affaires, des médias et de la culture, réunis dans un lieu féérique de Paris, un soir pluvieux de décembre.

Yunus est convaincant: pour lutter contre la pauvreté, la charité ne suffit pas. Il faut laisser aux déshérités les mêmes chances qu’aux puissants, notamment par l’accès au financement de leurs micro-projets: pas des dons, mais un prêt; pas 10 milliards pour un avion, mais 10 dollars pour un filet.

Ce qui frappe, chez cet homme, c’est l’harmonie qu’il dégage, à l’aise avec les puissants comme avec les pauvres, conciliant l’éthique et le business. Car la Grameen Bank est une entreprise florissante, grâce au taux de remboursement dont elle bénéficie, qui n’a rien à envier aux établissements de crédits traditionnels.

Encourager les riches à aider les pauvres grâce à une activité rentable. Est-ce là le remède à la pauvreté?

Yunus y croit, qui lance : “let’s join hands for a little social business on the side!” à une foule parisienne hupée, sous le charme… en tout cas, ceux qui comprenaient la langue de Shakespeare.

HLV

Posted in Non classé avec des tags on avril 5, 2005 by yonggook

Les événements récents me donnent l’envie d’inventer un nouvel indicateur de mesure. Pour qu’il ait un maximum de portée internationale, je vais lui donner un nom anglais: le Human Life Value, HLV.

Son objectif est simple mais très (trop?) ambitieux et horriblement présomptueux… Le HLV donc, se propose de mesurer la valeur de la vie d’un homme. Ma motivation n’est pas de choquer gratuitement la moralité des gens ou d’enfoncer des portes ouvertes en clamant haut et fort que quand même, c’est terrible, la vie d’un Soudanais, ça compte bien moins que celle d’un Bostonien dans un avion s’écrasant sur une tour. Personne ne nie ces différences de valeur ; je me propose simplement de la mesurer.

Comment? Mon ébauche de méthodologie est perfectible, complètement irréalisable de manière exhaustive et scrupuleuse. Néanmoins, le principe de base que je trouve intéressant est le suivant. Pour chaque événement ayant causé des morts humaines:

  • détecter exhaustivement la couverture média de cet événement, sans limite géographique, et jusqu’à un mois après l’événement;
  • calculer la somme des montants investis par les annonceurs pour un passage pub à cette occasion (ex. le coût de passage d’une pub avant un JT consacrant sa une à l’événement, ou le coût de la pub en 4ème de couverture d’un magazine consacrant sa une à l’événement, etc.) ;
  • diviser cette somme par le nombre de morts ;
  • et vous obtenez le HLV du ou des morts pour cet événement.

Bien sûr, il faudrait prendre en compte l’inflation des prix pratiqués au cours des années ou alors ne comparer que deux HLV rapprochés dans le temps, et tenir compte d’une multitude d’autres paramètres…

Au final, je pense qu’on aboutirait à un indicateur peu précis mais quand même intéressant. On pourrait par exemple calculer le HLV d’un Indonésien mort lors du tremblement de terre, (non pas le Tsunami, le tremblement de terre d’il y’a quelques semaines qui a un peu barbé tout le monde; un peu comme pour la sortie du deuxième volet d’un film à succès, rarement à la hauteur du premier…), on le comparerait au HLV du Pape et on se rendrait compte qu’oh ben dit donc! la vie du Pape vaut 314 748 fois celle d’un indonésien qui a péri lors du tremblement de terre. Pile le contraire de ce que le Pape prônait…